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Dimanche 23 septembre 2001 - Edition n° 2


 

Editorial

Pourquoi? Comment?

Au fur-et-à mesure que les jours passent, l'enquête avance à grands pas. Désormais, les soupçons se portent sur l'islamiste Ben Laden, ennemi n°1 des Etats-Unis. Mis son implication a été démenti par les talibans.
Du point de vue de l'enquête, les quatre avions effectuaient des vols intérieurs et ont été détournés. Les pirates de l'air auraient pris les commandes. Une passagère de l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone a appelé son mari avant le crash. Selon elle, les terroristes n'avaient pas d'armes à feu, mais des couteaux et des cutters et auraient refoulé passagers et équipage à l'arrière.
Cependant, comment des terroristes auraient pu-t-il détourné l'avion en direction des deux tours jumelles? Les enquêteurs le savent. Il s'agit d'hommes compétents ayant d'énormes moyens de renseignement et de logistique. D'autre part, les opérations étaient prévu longtemps à l'avance. Alors que les soupçons sont portés sur Ben Laden, certains experts affirment que d'autres groupes ont eux aussi les moyens de réaliser de tels attentats : les mouvements palestiniens, les armées révolutionnaires de Colombie ...
Actuellement, une quinzaine de personnes sont soupçonnées d'être impliqués dans les attentats.

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L'Essentiel

Qui est Ben Laden ?

Oussama Ben Laden est né en 1957 en Arabie Saoudite. Il est le fils d'un riche chef d'entreprise. Il a faite fortune avec une entreprise de travaux publics qui a eu la charge de restaurer les lieux saints du pays. En 1979, quand l'Union Soviétique envahit l'Afghanistan, Ben Laden se joint à la résistance locale alors soutenue par la CIA. Il participe aux combats, finance des camps d'entraînement, arme des volontaires arabes ...
Il est de nouveau réfugié en Afghanistan depuis 1996. Ainsi, il pourrait être à la tête d'une armée de 5000 hommes dont il dirigerait lui- même. Après la guerre du Golfe ( en 1991 ), et le dépoiement de troupes américaines en Arabie Saoudite, Ben Laden a déclaré " la guerre sainte " aux Etats-Unis. Il a fait le voeu de libérer le Proche-Orient de toute influence américaine. Depuis, Ben Laden est recherché par les Etats-Unis pour des attentats contre les ambassades américaines de Nairdsi ( Kenya ), et Dares-Salaam ( Tanzanie ), qui avaient fait 224 morts en 1998. Il est aussi soupçonné d'avoir commandité une attaque à explosif contre un navire américain au Yémen en octobre 2000. Les Etats-Unis offrent 36 millions de francs pour toute information qui conduirait à son arrestation.
Le rédacteur en chef du quotidien arabe Al-Qods, en contact régulier avec Ben Laden, affirme que ce dernier lui avait annoncé trois semaines auparavant de possibles " attaques " contre les intérêts américains.


Vers une riposte américaine

Le Pentagone a annoncé un redéploiement des forces en tout genre vers l'Asie occidentale. Ces renforts sont envoyés au Proche-Orient et dans l'océan Indien, à portée de l'Afghanistan, qui abrite le suspect principal des attentats du 11 septembre, Oussama Ben Laden.
Le redéploiement des forces américaines permettraient des opérations sous forme de bombardements, de tirs de missiles de croisière ou même de de l'intervention de commandos de forces spéciales, selon les responsables de la Défense.
Washington a exigé jeudi dernier la livraison de Ben Laden " mort ou vif ", jugeant insuffisante la requête des oulama (érudits) afghans pour qu'il quitte l'Afghanistan.
Le mollah Mohammed Omar, chef suprême des talibans, devait reprendre à son compte l'invitation faite à Oussama Ben Laden de quitter le pays, " mais ce départ prendra du temps " a estimé le ministre afghan de l'Education, Amir Khan Mutaqi. La Maison-Blanche et le Pentagone, qui ne cachent pas leur frustration devant l'absence de cibles matérielles crédibles à frapper en Afghanistan, préviennent que si Kaboul ne livre pas Ben Laden, " le combat sera très long ".


L'armée française sur le pied de guerre

Tous les pilotes de la force aérienne de combat française savent désormais qu'ils peuvent avoir un jour a tirer sur un avion civil commercial détourné, et affirme leur chef, s'il le faut, ils le feront. Ce que confirment les pilotes participant hier à la démonstration annuelle de leurs avions. " Depuis le 11 septembre, je ne connais pas beaucoup de pilotes qui hésiteraient " confie un capitaine sous les ailes de son Mirage 2005, l'un de ceux appartenant à la patrouille d'alerte renforcée mise en place depuis huit jours.

Pour tous, officiers généraux, officiers supérieurs, pilotes en scadrille, il y a un avant et un après mardi 11 septembre. " Avant, on ne voulait pas penser qu'un avion puisse être transformé en bombe volante ", résume le général Longuet. " Maintenant, on sait que c'est possible, le terrorisme n'est pas seulement l'usage de la violence, c'est devenu quelque chose d'autre, quelque chose de différent que nous devons apprendre à gérer. "

" L'ordre de tirer sur un avion civil détourné ", fait remarquer un pilote de chasse, " ne viendrait pas à l'improviste, mais à l'issue d'une procédure précise et détaillée à laquelle le pilote est associé. "

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En bref

Bilan humain : 6000 morts ou disparus

Le bilan encore provisoire des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis s'élevait hier à 6000 morts ou disparus. A New York : 233 morts, dont 170 identifiés, 5422 disparus. A Washington : 189 morts ou disparus. En Pennsylvanie : 44 morts.

Lionel Jospin alerte les préfets

Le premier ministre Lionel Jospin a évoqué hier les risques " d'actions provocatrices " et de " situations dangereuses ". Il a demandé aux préfets " d'apaiser les tensions " et de " rassurer la population ". Si la situation s'aggravait, " des mesures complémentaires de Vigipirate ou des plans spécialisés pourraient se révéler nécessaires ", a t-il prévenu, en annonçant que le projet de loi sur la sécurité quotidienne serait alors " complété ".

Un mandat d'arrêt européen

Les ministres européens de la Justice et de l'Intérieur ont approuvé hier un ensemble de mesures pour améliorer de manières concrètes la lutte antiteroriste, en s'engageant en particulier à mettre en œuvre au plus vite un mandat d'arrêt européen. Ils ont décidé de constituer une équipe de spécailistes antiterroriste chargées de recueillir et analyser toutes les informations utiles.

Bourse : enquête sur les anomalies

L'autorité française de surveillance boursières, la commission des opérations de bourses ( COB ), a ouvert hier une enquête sur les anomalies de cours constatés à la bourse d'Euronext - Paris dans les jours précédent les attentats aux Etats-Unis. Les autorités de surveillance boursière des Etats-Unis, du Japon, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, des Pays-Bas et de Suisse ont également ouvert des enquêtes, formelles ou préliminaires, sur des mouvements de titres suspects.

Réunion Arafat - Peres : veto de Sharon

Le premier ministre israélien Ariel Sharon a mis dimanche son veto à la réunion entre Peres et Arafat. Ce premier a pris cette décision suite à la poursuite des violences sur le terrain et à la demande de plusieurs ministres de droite du gouvernement. Samedi, Shinon Peres, ministre israélien des Affaires Etrangères avait rencontré des responsables palestiniens, et la réunion a été qualifiée de "très fructueuse".

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Archives

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Poitiers - Septembre 2001 - {hit}